mardi 17 juin 2008

Cacerolazo

Lundi soir vers 20h30, un cacerolazo s'entame de manière spontanée, comme toujours. Les gens descendent dans la rue, casseroles à la main, et tapent en alertant les voisins qui se joignent au mouvement. Rappelant la crise de 2001 (ici on dit qu'il y a une crise tous les 10 ans), Kirchner n'a pas le luxe du temps. Chaque nouveau jour de grève représente des millions de devises en moins. Le pays s'était remis à flot grâce notamment à ses exportations de céréales (pour ne pas dire soja). Aujourd'hui plus rien ne sort des frontières et la répercution s'en ressent directement sur les prix du marché intérieur. Les indécis se rangent désormais plus nombreux en faveur du champ, aidés, soulignons-le, par l'ensemble des médias nationaux.

En fin de semaine dernière, le champ récidive en mettant le feu à de nombreuses parcelles dont l'odeur de brulé envahit de nouveau la capitale. J'arrive sur la plaza de Mayo vers 21h où le mouvement Evita s'est donné rendez-vous en catastrophe. Objectif: protéger le symbole de la maison rose du cacerolazo qui remonte l'avenida de Julio jusqu'à l'obélisque.

D'une poignée, ils passent rapidement à une petite centaine jusqu'à atteindre à vue de nez 500 personnes. Une grande majorité de jeunes, étudiants pour la plupart, s'organisent en soulevant des pavés pour récupérer de quoi "se faire entendre". Deux barricades se forment, bloquant les principaux accès à la place. Je m'inquiète cependant, comment comptent-ils s'y prendre face à des milliers de personnes défilant casseroles à la main? L'obélisque est visible, à quelques centaines de mètres. Trois voitures de police viennent bloquer l'avenue Saenz Pena aux alentours de 22H30, l'approche du cacerolazo est imminente, du moins je le croyais. 30 minutes s'écoulent et toujours rien.

Je remonte l'avenue jusqu'à l'obélisque et m'aperçois que la foule a déjà déserté les lieux. Tous sont désormais rassemblés devant le congrès. J'arrive sur place vers 23h30, heure où les gens rentrent chez eux. En chemin, les télévisions allumées dans les bars alentours diffusent en boucle les images du rassemblement de l'obélisque: l'avenue 9 de Julio, la plus large du monde, ne m'a jamais semblé aussi ridicule!

Le parti justicialiste (PJ) de Kirchner appelait à un rassemblement mercredi sur la place de Mayo. Toujours d'actualité, l'opposition le qualifie de nouvel acte d'autisme.

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