C'est comme ça que ça marche.
Après pas loin de 100 jours de grève du champ et la reprise des barrages de route, le gouvernement du parti justicialiste appelle sa base militante à manifester (rappel: suite aux hausses des taxes à l'exportation, les agriculteurs bloquent les routes paralysant l'approvisionnement en produits de consommation courante). Cette initiative, bien qu'étonnante, est relativement coutumière. Le gouvernement se protège d'un coup d'Etat en réunissant ses troupes place 25 de mayo, devant la maison rose. L'objectif est de faire rempart face à l'autre manifestation en faveur du champ, prévue quant à elle suite au récent emprisonnement de l'un des protagonistes de la révolte agraire.
Les deux camps se retrouvent aux alentours de 17h30 sur l'avenue de mayo, quelques centaines de mètres les séparant et avec pour seule frontière deux plots au milieu de la route.
Après pas loin de 100 jours de grève du champ et la reprise des barrages de route, le gouvernement du parti justicialiste appelle sa base militante à manifester (rappel: suite aux hausses des taxes à l'exportation, les agriculteurs bloquent les routes paralysant l'approvisionnement en produits de consommation courante). Cette initiative, bien qu'étonnante, est relativement coutumière. Le gouvernement se protège d'un coup d'Etat en réunissant ses troupes place 25 de mayo, devant la maison rose. L'objectif est de faire rempart face à l'autre manifestation en faveur du champ, prévue quant à elle suite au récent emprisonnement de l'un des protagonistes de la révolte agraire.
Les deux camps se retrouvent aux alentours de 17h30 sur l'avenue de mayo, quelques centaines de mètres les séparant et avec pour seule frontière deux plots au milieu de la route.
"Les forces de l'ordre"? Elles se résument à un motard entre ces deux même camps qui balancent des pétards qui ressemblent plus à de la dynamite au vu de la détonation et qui s'arment de pierres et piquets de bois à défaut de patience.
D'un côté les péronistes, jeunes pour la plupart et rapidement mobilisables. Comme ils le chantent eux-mêmes : "Cristina corazon aca tenes los pibes para la liberacion, Patria si colonia no" ou "Aca estan, estos son, los soldados de Peron".
De l'autre, les forces du champ, du moins ceux qui ne sont pas sur les barrages des provinces du pays.
Les forces sont à peu près équilibrées, on va avoir droit à une bataille en règle et personne ne semble s'en émouvoir. Je cherche toujours un cordon de sécurité, au moins les syndicalistes avec les épaules très larges. Rien, personne...
Aussi incroyable que ça puisse paraître les deux groupes se frôlent de quelques dizaines de mètres en s'insultant copieusement mais sans débordement physique. Ca pourrait être comparable à la sortie des supporters d'un match de foot, les barrières et crs en moins.
Deuxième surprise: des drapeaux socialistes et communistes flottent dans le cortège en soutient au champ! Depuis quand la gauche milite contre la hausse des impôts et aux côtés des agriculteurs? Ah mais oui, on est dans l'hémisphère sud, du coup c'est comme chez nous mais à l'envers. Plus sérieusement, les socialistes et le pc s'opposent tout simplement contre un gouvernement qu'ils jugent trop mou. Bref, drôle de mélange et qui va assez loin puisqu'on en vient à désigner le camp des agriculteurs comme "les gauchistes". Mouais, faut pas déconner quand même.
Côté péroniste, pas mieux. Ca s'apparente très nettement à un mouvement centre gauche si l'on s'en tient aux idées véhiculées par le parti justicialiste de Cristina mais qui se brouille très vite si l'on remonte à l'origine même du parti, Péron en personne, vous l'aurez deviné. A la question "qui sont les socialistes?" Péron répondait en désignant le chef du parti, et ainsi de suite jusqu'à la fin du spectre politique. Et quand enfin vient le tour des péronistes, la réponse est simple: "Ah, mais péronistes, ils le sont tous" ou quelque chose comme ça de fameux.
Je décide de rester avec ceux-là, sur la place 25 de mayo.
Les chants reprennent une fois tout le monde en place. Deux heures se sont maintenant écoulées et les tambours rythment des airs familiers. Des chants de supporters de foot bien sûr! (NB: c'est quand même la thèse centrale de mon mémoire). La musique est la même mais les paroles changent évidemment. On y entend le célèbre refrain "La bandera, la patria y Peron" mais aussi des "Gorillas putos" qui qualifient les agriculteurs. Du sur mesure quoi.
Aussi incroyable que ça puisse paraître les deux groupes se frôlent de quelques dizaines de mètres en s'insultant copieusement mais sans débordement physique. Ca pourrait être comparable à la sortie des supporters d'un match de foot, les barrières et crs en moins.
Deuxième surprise: des drapeaux socialistes et communistes flottent dans le cortège en soutient au champ! Depuis quand la gauche milite contre la hausse des impôts et aux côtés des agriculteurs? Ah mais oui, on est dans l'hémisphère sud, du coup c'est comme chez nous mais à l'envers. Plus sérieusement, les socialistes et le pc s'opposent tout simplement contre un gouvernement qu'ils jugent trop mou. Bref, drôle de mélange et qui va assez loin puisqu'on en vient à désigner le camp des agriculteurs comme "les gauchistes". Mouais, faut pas déconner quand même.
Côté péroniste, pas mieux. Ca s'apparente très nettement à un mouvement centre gauche si l'on s'en tient aux idées véhiculées par le parti justicialiste de Cristina mais qui se brouille très vite si l'on remonte à l'origine même du parti, Péron en personne, vous l'aurez deviné. A la question "qui sont les socialistes?" Péron répondait en désignant le chef du parti, et ainsi de suite jusqu'à la fin du spectre politique. Et quand enfin vient le tour des péronistes, la réponse est simple: "Ah, mais péronistes, ils le sont tous" ou quelque chose comme ça de fameux.
Je décide de rester avec ceux-là, sur la place 25 de mayo.
Les chants reprennent une fois tout le monde en place. Deux heures se sont maintenant écoulées et les tambours rythment des airs familiers. Des chants de supporters de foot bien sûr! (NB: c'est quand même la thèse centrale de mon mémoire). La musique est la même mais les paroles changent évidemment. On y entend le célèbre refrain "La bandera, la patria y Peron" mais aussi des "Gorillas putos" qui qualifient les agriculteurs. Du sur mesure quoi.
La foule se disperse aux alentours de 22h30 après le discours de Kirchner mari (ex-président). Ca a pas avancé d'un poil mais la maison rose est sauve.
Pendant ce temps là on chante à Rosario (province de Santa Fe) pour les 80 ans du Che. Ailleurs dans la capitale des étudiants pénètrent dans la fac de sciences sociales (UBA) pour l'occuper en protestation contre le peu de moyens dédiés à l'Université publique.
Rock it!
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire